Attrait et utilisation des principaux boîtiers télémétriques soviétiques favori envoyer
Par Ekreviss


En guise d'introduction


Le but de cet article n'est pas de faire des descriptions précises (pour cela les lecteurs voudront bien se référer au livre « 300 Leica copies » de Pont et Princelle, et autres articles Internet), mais de brosser un portrait plus ou moins objectif des  principaux boîtiers soviétiques (en réalité russes et ukrainiens) pour le collectionneur, mais surtout pour l'utilisateur . Dans cet esprit pratique, il m'a semblé utile de donner quelques précisions d'achat comme les modèles ou variantes à éviter, mais également les « millésimes » à privilégier. En effet, la production d'un seul et même modèle est soumise à de nombreuses fluctuations qualitatives.

FED

La marque FED a été fondée en 1927 par Felix Edmundovitch Djerzinski. C'est ce Monsieur qui fonda à la même époque la Tcheka, ancêtre du GPU, lui même ancêtre du NKVD, lui même ancêtre du. KGB ! (attention : beaucoup de Fed 1 sont gravés « NKVD », mais cela ne signifie pas qu'ils aient appartenu à cette même institution ! Nous ne sommes pas dans un James Bond, ce ne sont pas des appareils d'espions !) La production d'appareils photo a débuté en 1934. Ceux-ci étaient montés par des jeunes délinquants en voie de « réinsertion » sous la direction d'Anton Makarenko. C'est également ce Monsieur qui décida de prendre pour modèle le Leica.

Fed 1 (1934-1955) Le Fed 1 est une copie exacte du Leica II. Beaucoup de différents modèles de ce Fed 1 ont été produits. Une bonne partie des appareils d'avant guerre n'ont pas la monture d'objectif standardisée.

Impossible de définir un standard de qualité pour ces appareils : en effet, celle-ci est trop différente d'un modèle sur l'autre. Je dirais pour simplifier que les modèles « 1 a » à « 1 e » sont de bons appareils à condition que l'exemplaire considéré soit sain, et que les modèle 1 f (1947) et 1 g (1953) bénéficient d'une finition supérieure. Cependant, pour le collectionneur, les Fed 1 d'avant guerre représentent une bonne opportunité de posséder un boîtier d'avant guerre, ressemblant comme deux gouttes d'eau au Leica, et pour un prix d'ami ! (compter $100 pour un Fed 1 « NKVD » en bon état). En ce qui concerne l'utilisateur, il est fort probable que les exigences du terrain le dirigent plutôt sur le Zorki 1, également copie conforme du Leica II, mais mieux fini et plus sécurisant (voir partie « Zorki »).

Fed V (1938)

Un Fed 1 c muni des vitesses lentes et du 1/1000e. 40 exemplaires fabriqués.

Fed S (1938-1939)

Un Fed V sans les vitesses lentes. Quelques centaines d'exemplaires fabriqués.

Fed 2 (1955-1970) Véritable bijoux pour le collectionneur, le Fed 2 est un peu moins attrayant pour l'utilisateur. En effet, 8 versions différentes ont vu le jour, en plus d'un prototype. Et les différences entre ces versions sont plus évidentes que pour le Fed 1. Pour l'utilisateur, le Fed 2 est certes assez bien équilibré dans la main, mais présente quand même une construction un peu légère. Rien d'alarmant cependant, mais les « Leicaïstes » et autres « Canonistes à vis » risquent d'être surpris. Le vrai avantage du Fed 2 est d'être en quelque sorte un doux mélange entre les frères ennemis de toujours : le Leica et le Contax. Du Leica, on trouve la simplicité et l'obturateur à rideau. Du Contax, on trouve la grande base du télémètre(67 mm.), et le dos escamotable fermé par deux clés. Rien que cette grande base de télémètre peut-être un argument de poids. mais faut-il réellement des arguments pour apprécier un appareil ? Les modèles de Fed 2 les plus intéressants à utiliser sont le « c » (avec retardateur) et le « d » (avec retardateur et nouvel obturateur du 30eau 500e, voir illustration). Attention à l'objectif « Industar 26M », très moyen,  fourni d'origine. Avec sa grande base, le Fed 2 (ainsi que le Zorki 6) est un excellent porteur de téléobjectifs comme les Jupiter 9 (2/85) et 11 (4/135), et autres 90 mm. Leica.

Fed-2






Fed 3a (1961-1963) Le Fed 3a est un excellent appareil, un peu délaissé, même par les amateurs d'appareils télémétriques russes. Je ne comprends pas pourquoi, car on l'a très bien en main, il est mieux fini que le Fed 2, et plus agréable à manipuler. Si l'on a pas besoin des vitesses lentes ou du 1/1000e, c'est un appareil que je recommande chaudement (de même que le Zorki 6). Comme pour le Fed 2, attention à l'objectif standard, l'Industar 26M qui ne s'est pas souvent montré convainquant.

Remarque : le Jupiter 12 (2,8/35) n'est étrangement pas compatible avec ce boîtier (la proéminente lentille arrière touche une pièce de métal !)



Fed 3b (1963-1980) Laissant déjà apparaître la peu seyante silhouette des modèles 4 et 5, le Fed 3 est un appareil de transition peu intéressant. Mais vu son prix, il peut être une bonne entrée de gamme pour le curieux.



Fed 4 (1964-1977) Mêmes commentaires que pour le 3b : peu joli et pas pratique. A éviter.



Fed 5 (1977-1994) Les Fed 5 sont au nombre de trois : le 5 « tout court » qui possède un correcteur dioptrique et un posemètre au sélénium, le 5 S qui lui n'a pas de correcteur dioptrique mais un viseur plus aéré, et enfin le 5 B qui n'a pas de posemètre, mais un correcteur dioptrique.

Beaucoup de Fed 5 du début des années 90 sont encore à vendre aujourd'hui, neufs, car il s'agit de stocks d'invendus. En effet, ces appareils n'intéressant plus du tout les Russes d'aujourd'hui, et c'est vers le marché « démocratique de l'Ouest » que se sont tournés les vendeurs actuels (le « bizness » comme ils disent).

Boîtier attachant mais tellement peu pratique, le Fed 5 n'est pas le meilleur représentant du savoir faire télémétrique russe. Mal fini, rustique, pas très beau et pesant près d'un kilo avec son Industar 61 L/D, il faut vraiment avoir besoin du posemètre pour justifier son achat.


ZORKI

Zorki est la marque d'appareils télémétriques petit format de la fabrique KMZ ( K rasnogorsk M ekanicheski Z avod : Usines mécaniques de Krasnogorsk), comme le Leica est la marque d'appareil petit format de Leitz, et même chose pour le Contax chez Zeiss. Cette fabrique fût d'abord une antenne de Fed (voir illustration du Fed-Zorki de 1948. Pour l'anecdote, il s'agit du seul modèle où figurent simultanément les deux noms de fabrique sur le même appareil !), avant de devenir la plus importante fabrique d'appareils photo de toute l'Union Soviétique. Cette marque n'existait donc pas avant guerre ; tout le système devient standardisé.


zorki




Zorki 1 (1948-1956) Fantastique appareil qui n'a rien à envier au Leica II dont il est la copie conforme, les différents modèles de Zorki 1 représentent le meilleur rapport qualité/prix pour l'amateur de « Leica à vis ». Ce modèle étant fabriqué après guerre, l'utilisateur bénéficie de la finition améliorée pour un prix symbolique ($40-100). N'ayant certes pas la magie d'un « vrai » Leica II, ces Zorki 1 sont tout aussi bien finis si ce n'est mieux, et se trouvent aisément en version chromée, ce qui n'est pas le cas de l'original.

Suivent différentes versions (« 1 a » à « 1 e ») qui diffèrent assez peu, sauf au niveau de l'obturation : obturateurs Z-20-500, puis B-25-500. Les caractères inscrits sur l'appareils changent également (« Zorki » en cyrillique ou bilingue), mais la version la plus intéressante au niveau utilisation se situe dans les derniers modèles construits de 1 d : faciles à reconnaître car :

- le numéro de série commence par 55XXXXX et se situe derrière l'appareil, et non pas dessus.

- L'obturateur est échelonné Z-20-500.

Les livres le classifient souvent dans la catégorie « 1 e » car produit en 1955, mais les vitesses de l'obturateur confirment bien qu'il s'agit d'un « 1 d » (voir illustration ci-dessous).

Zorki 1




De plus, l'Industar 22 fourni d'origine s'avère nettement mieux qu'une simple copie d'Elmar (voir test 50 mm.) ! Vissez un Summarit ou un Summicron sur un beau Zorki 1 : pas de différence de « feeling » ni de résultat face à un Leica II !

  Zorki 2 (1954-1956)

Il s'agit d'un Zorki 1 avec des « oreilles » pour la courroie de transport, et surtout muni d'un retardateur au look de Contax ! Rigolo ! Ce modèle, fabriqué à 10'000 exemplaires, est presque aussi recherché que le Leica IIIf avec retardateur. (compter $250)

Zorki S (1955-1958)

Ce boîtier est inspiré du modèle 2, mais avec une excroissance sur le haut de l'appareil, ce qui le rend disgracieux au possible. Modèle peu intéressant à collectionner et à utiliser.

Zorki 2S (1955-1960)

Il s'agit d'un modèle S avec des oeillets de courroie de cou. Mêmes remarques que pour le « S ».

Zorki 3 (1951-1956)

Fantastique appareil, sorte d'évolution de Leica IIIc avec un magnifique viseur 1 :1, sorti 3 ans avant le M3 et 6 ans avant le IIIg ! Le look « à la Leica » conforte les collectionneurs et du coup, les « 3 » et « 3M » sont très recherchés. Peu sans problème faire partie d'un équipement Leica à vis où l'on réserve ce modèle aux 50 mm grâce à son viseur télémètre 1 :1. Attention, ce boîtier doit impérativement être révisé par le vendeur avant achat car son obturateur se montre assez fragile.

Zorki 3M (1954-1956)

Considéré par beaucoup comme étant le plus beau boîtier russe, le « 3M » est un « 3 » avec un seul sélecteur de vitesses. Comme sur un Leica M, on trouve donc les vitesses rapides comme les vitesses lentes sur le même sélecteur. Plutôt rare car fabriqué pendant moins de deux ans, c'est un boîtier qui doit figurer dans toute collection d'appareils télémétriques ($130). L'obturateur est considéré comme moins fragile que celui du Zorki 3.

Zorki 3S (1955-1956)

Il s'agit d'un appareil de transition entre le « 3M » et le « 4 ». C'est ce qui explique sa relative rareté. Esthétiquement et fonctionnellement entre les deux modèles précités, c'est un appareil boudé par rapport aux autres « 3 ». Son look éloigné des Leica le rend un peu plus marginal. De bonnes affaires sont donc à portée de main pour le vrai passionné.

Zorki 4 (1956-1973)

C'est l'appareil télémétrique le plus fabriqué de tout les temps. Fabriqué pendant 16 ans à 1'700'000 exemplaires, c'est un peu le télémétrique russe « par défaut ». Tant mieux car le viseur est le même que les Zorki 3, et le boîtier est très équilibré dans la main. Courant et bon marché, c'est un vrai rapport qualité/prix. Je conseille d'acheter un modèle des premières années (1956-1961) car le nom « Zorki » et les vitesses d'obturations sont gravés, et le niveau de finition se révèle supérieur aux modèles construits entre 1962 et 1973.

Zorki 4K (1972-1978)

Peu d'améliorations techniques pour le « 4K » : un levier d'armement, mais perte des oeillets pour courroie de cou ! Le levier d'armement fait gagner en rapidité, et l'absence d'oeillets rend le « never ready case » pendouillant devant l'appareil indispensable. Et même si il est moins bien fini que les premiers Zorki 4, le 4K est le vrai appareil de l'utilisateur qui n'hésite pas à confronter ses boîtiers à la simple réalité du terrain. Toujours nanti de l'excellent viseur 1 :1 hérité du modèle 3, le 4K devrait figurer dans tout fourre-tout de « télémétriste ». Pour $40, j'appelle ce boîtier « le Leica M3 du pauvre », et quand on voit les résultats qu'il est capable de procurer, je me dis qu'il n'est pas si pauvre que ça. du moins en termes de fonctionnalité. Préférez les boîtiers produits de 1975 à 1978.

Zorki 5 (1958-1959)

A nouveau un modèle de transition. Il défini le look du futur Zorki 6, sans le côté pratique de ce dernier. La mécanique est très fragile, et le boîtier plutôt rustique. Son seul intérêt réside dans la relative rareté de la première version que l'on repère facilement car le logo « Zorki 6 » est gravé en rouge.

Zorki 6 (1959-1966)

Et voici l'autre boîtier totalement utilisable de la gamme Zorki. Un vrai « street shooter » comme dit le collectionneur c.Stoisha. En effet : levier d'armement, grande base de télémètre, dos à charnières, compacité. vraiment un boîtier complet ! Le seul regret se situe au niveau de la réalisation du viseur, certes lumineux et contrasté, mais tellement petit en comparaison au viseur du 4K ! C'est pourquoi je conseille ce boîtier avec les longues focales (+ viseur externe): grâce à sa grande base de télémètre, on a l'assurance de faire une mise au point précise. On peut aussi l'équiper d'un 35 (+ viseur externe), même si c'est moins utile dans cette configuration ! Un 50 également. mais cette focale va tellement mieux sur un 4 ou 4K. Un très bon boîtier donc à réserver aux légers téléobjectifs, ou aux endroits « chauds » comme une manifestation. Je conseille les deux dernières années de production (1965 et 1966), car une fois n'est pas coutume, la mécanique s'avère plus douce et plus fiable que les appareils construits au début de la décennie.

KIEV

Contrairement à ce que beaucoup d'amateurs de Contax croient, le Kiev n'est pas une copie de Contax, mais des Contax construits sur des machines Zeiss rebaptisés « Kiev » en Ukraine car les machines avaient été confisquées aux Allemands après la prise de Jena par les forces soviétiques. En revanche, c'est la cadence de productivité qui peut parfois rendre les Kiev moins « nobles » que le Contax. Mais un Kiev en bon état rend rigoureusement les mêmes services qu'un « vrai » Contax !

Les Kiev ont été fabriqués de 1947 à 1986, toujours sur la base des Contax II et III d'avant guerre. Peu d'évolution est à signaler, mais il faut se rendre compte qu'il était donc possible d'acheter une sorte d'évolution de Contax II flambant neuf à la fin des années 1980 !

Kiev II puis Kiev 2 (1947-1956)

Le Kiev I n'existant pas réellement, on commence tout de suite avec le II. Construits à Jena (2000 exemplaires) puis à Kharkov, ces Kiev II sont de vrais Contax renommés Kiev. Très recherchés aujourd'hui, les Kiev II de 1947 sont rares, et atteignent les mêmes prix qu'un Contax II d'origine.

La production a réellement débuté en 1949. Le changement de nom (de « II » à « 2 ») intervient en 1954.

Kiev III puis Kiev 3 (1947-1956)

Même chose que le II, avec une cellule non couplée. Cette excroissance n'est ni esthétique, ni utile.

Kiev 2A et Kiev 3A (1956-1958)

Même chose que les II et III, 2 et 3, mais avec une synchro flash. La qualité de fabrication est toujours bonne,  mais inférieure à la première série II et III. Les meilleurs boîtiers sont souvent construits avant 1956.

Kiev 4 et Kiev 4A (1958-1973)

Il s'agit en réalité d'une simplification des Kiev 2A et 3A. Quelques changements mineurs afin de pouvoir accélérer la cadence de production. Les appareils d'avant 1960 sont très bons et sous-estimés. En revanche, les appareils des années 60 et 70 sont très fragiles. Donc passez votre chemin à moins que l'appareil ait été contrôlé, testé et lubrifié par un spécialiste. Le « A » signifie dorénavant « sans posemètre ».

Kiev 4 mod. 2 et 4A mod. 2 (1973-1979)

Apparus en 1973, les « mod. 2 » sont les pires appareils en matière de finition. Peu de changement si ce n'est la simplification à outrance ainsi que le rythme de production.



Kiev 4M et 4AM (1979-1986)

Ces deux cousins mal-aimés sont très intéressants pour plusieurs raisons :

- ce sont les dernières évolutions d'un concept datant de 1936

- les commandes ont été améliorées et se révèlent performantes

- les dernières années de production ont vu la qualité s'améliorer (dès 1982)

- L'Hélios 103 fourni d'origine est un des meilleurs objectifs construit pour la baïonnette Contax.

Faciles à reconnaître grâce à leurs commandes noires, ces deux sympathiques boîtiers feront revivre vos objectifs Contax pour une somme très modeste ($50).

En guise de conclusion

On ne saurait résumer la production russe d'appareils télémétriques à de simples copies de Leica. Certes, le principe de base reste de la propriété de l'entreprise de l'ingénieur Barnack, mais comment ne pas voir les évolutions parfois marquantes que les ingénieurs russes ont su apporter aux divers boîtiers ? D'autant plus que le prix de ces appareils n'est pas un obstacle. En résumé, les appareils les plus intéressants pour l'utilisateur sont:

- La variante « d » du Fed 2 . Même si ce n'est pas le boîtier le plus « noble » et le plus pratique, c'est un appareil sympathique et un bon baroudeur. De plus, il est à l'aise avec les longues focales.

- Le Zorki 1 spécialement décrit plus haut est une substitution avantageuse au Leica II. Utilisation identique, résultats identiques.

- Le Zorki 3M est probablement le Zorki le plus « noble », et celui qui ne « dépareille » pas parmi des Leica. En effet, au niveau invention et finition, Leica aurait tout aussi bien pu le produire ! Et avec son faux air de IIIg, il ne laisse pas indifférent !

- Achetez un premier le Zorki 4K , et vous serez surpris par son rapport services rendus/prix. Avec son magnifique viseur 1 :1 et son levier d'armement, c'est un appareil très fonctionnel.

- Un peu plus « light », le Zorki 6 se montre tout aussi pratique à utiliser grâce à son levier d'armement et son dos à charnière. Avec viseur séparé, c'est un excellent porteur de 85, 90, ou encore 135 mm.

- Pour les amateurs du système Contax, pour qui le maniement de ces boîtiers n'est pas une surprise, il serait dommage de passer à côté d'un Kiev 4a des premières séries, ou d'un 4AM des dernières séries.

Bonnes photos à tous,

Ekreviss




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