Ich war ein Berliner von 1985 bis 1990 ...

De fin 1985 à 1990, j'ai séjourné plusieurs fois à Berlin-Ouest. J'y suis allé en train militaire, en train civil et en avion. Je suis passé deux fois à l'Est.
Chaque voyage avait son lot de découvertes. Rien ne changeait vraiment et pourtant, Berlin était en perpétuel mouvement. Berlin avait l'ambiance d'une île, car c'était bien de cela qu'il s'agissait ; une île en plein milieu de la DDR, à une soixantaine de kilomètres de la Pologne. Berlin était certes entouré d'un mur, mais aussi de casernes du bloc soviétique. A Berlin, on disait "les chars russes sont à un quart d'heure" comme on dit "le boulanger est au bout de la rue". Sentiment de précarité, besoin de vivre, Berlin était aussi la ville en avance. Avant-garde artistique dans la vieille Europe.


Berlin, c'était aussi une ville meurtrie, pleine de cicatrices plus ou moins bien refermées. Et puis, il y avait eu cet énorme coup de rasoir amputeur. Passer de "l'autre coté" c'était comme voyager dans le temps. Tout, y compris les odeurs, était différent. Cela donnait l'impression que la séparation datait de 200 ans.


Berlin avait aussi son mal-être cinquantenaire. Impossible d'y échapper. La radio populaire des jeunes s'appelait RIAS "Radio In American Sector". Les militaires des quatres nations étaient toujours là. Certes, les américains, les anglais et les français étaient perçus comme des forces protection (contre les quatrièmes) et non plus d'occupation. Mais comment en terminer avec le passé. La plupart des Berlinois se taisaient. En 1987, le maire de Berlin a secoué cela. Ce fut une "exposition" que je n'oublierai jamais, la topographie de la terreur. Normalement temporaire, je crois qu'elle a perduré. Et ce poteau indicateur planté non loin du KDW qui indiquait la direction des camps d'extermination avec leur distance ... Quelle baffe !


Die Mauer muss weg ! Combien de fois n'ai-je pensé à cela ? Et puis un soir de novembre 1989, à Paris, à la télé, c'est arrivé. Quelques jours plus tard, je suis reparti là-bas. C'était vrai, c'était vrai ; Gorbatchov l'avait laissé faire.


De tout cela, j'ai ramené plein de choses, j'y ai aussi laissé pas mal là-bas. Depuis le 2 janvier 1990, je n'y suis jamais retourné ... sans doute par peur de m'y perdre.

J'ai en ai ramené quelques centaines de photos, sans volonté artistique, juste comme témoignage d'un temps révolu. 20 ans après, je vous en propose quelques-unes. Soyez indulgent sur leur qualité, ne retenez que l'Histoire.



Les photographies des pages suivantes sont des diapositives. Elles ont été prises avec un Canon AE-1, un Canon A-1, un Canon FD 1,8/50 mm et un Canon FD 28 mm. Quelques rares ont été prises avec un 300 mm de piètre qualité.