Voyage autour d'un appareil photo - Prisma 1942 favori envoyer


Livre
A la manière d'un "L'appareil photographique pour les nuls", le "Voyage autour d'un appareil photo" permet aux enfants de 1942 d'apprendre les bases du fonctionnement d'un appareil photo. Le développement de la photo numérique est loin de renvoyer cet ouvrage aux oubliettes. Bien au contraire, les jeunes d'aujourd'hui qui connaissent leur première expérience photographique avec un APN ont parfois envie de connaître la photographie argentique. C'est pour eux que je reproduis ici des extraits de ce petit livre.
Sous des formes assez enfantines, les notions exposées le sont très clairement.
Y'a même des adultes qui devraient parcourir cette page.


Introduction

C'est un tout petit voyage que nous vous proposons de faire en compagnie de Finette et de Taquinet, mais un voyage plein de merveilles.

Comme eux, bien certainement, vous vous êtes souvent demandé comment les belles photographies qui illustrent vos livres et votre journal préféré pouvaient sortir d'une petite boîte mystérieusement close, et comment cet œil rond, en verre, qui est sur un de ses côtés, était capable de voir aussi bien que nous.

Comme à ses petits amis, le Professeur Fémur vous l'apprendra, et vous serez bientôt capable de faire, vous aussi, de belles images photographiques.

Lorsque vous serez fier de vos résultats, vous enverrez à notre Concours vos plus belles photos, et votre plaisir sera grand de les avoir faites sans aucune aide.

Sans doute, nous ne vous obligeons pas à faire vous-même le développement et le tirage, mais que ce soit bien vous qui ayez décidé du sujet de ces images, et de la façon de les prendre ; c'est ainsi que vous augmenterez vos chances à notre Concours.

Vous savez bien d'ailleurs que seul le travail que l'on fait soi-même est le moyen d'apprendre rapidement, et qui sait si un jour, lorsque vous serez devenu calé, vous n'aurez pas l'idée de faire de la Photo votre métier, un métier plein d'agrément.




Après des mois de recherches, le Professeur Fémur, Membre de l'Académie des Sciences Imprécises, vient de voir ses efforts couronnés de succès.
Dix petites boules rouges reposent dans une boîte ronde, ... dix pilules de Microtrapufilominate, qui doivent permettre de réduire la taille de tout être vivant.
— Allons vite annoncer la bonne nouvelle à mon vieux confrère le Professeur Transitoire, dit le savant, et, posant
Guida


Dans le couloir, il rencontre Finette et Taquinet qu'il a fait venir à Capucine-sur-Brindille pour les vacances.
— Vous sortez mon oncle? dit Taquinet, vous nous aviez pourtant promis de nous faire visiter votre Laboratoire...
— Je cours chez mon ami Transitoire. Je serai vite de retour. Entrez et attendez-moi bien sagement. Surtout ne touchez à rien !

Et l'oncle Fémur s'éloigne en sautillant.
Finette et Taquinet poussent la porte du Laboratoire et entrent dans la pièce encombrée de flacons et d'appareils bizarres.
— On ne fait pas souvent le ménage ici, remarque Finette. Regarde la grosse toile d'araignée, Taquinet ! Je vais nettoyer un peu, mon oncle sera content.
— Ne t'avise pas de ça, l'oncle a bien recommandé de ne toucher à rien. Il se sert peut-être de la poussière pour faire ses expériences ! Ran-Pan viens ici !
Guida
Le chien des deux enfants qui s'est glissé dans le laboratoire et déjà sur la trace d'une souris, abandonne toute poursuite pour obéir à son jeune maître.
Pendant que sa sœur examine avec curiosité un ballon de verre empli d'un liquide vert où macèrent un vieux chapeau et un os de gigot, Taquinet s'approche de la table d'expériences et trouve la boîte ronde abandonnée par l'oncle Fémur.

Il appelle Finette.
— L'oncle a laissé des bonbons, viens, on va se régaler !
— N'y touche pas, l'oncle ne serait pas content !
— Il ne nous grondera pas parce que nous aurons mangé quelques bonbons... Je suis sûr, d'ailleurs, qu'il nous les réservait. Ce sont des pastilles contre la toux, prends donc ! Ça guérira ton rhume !
Finette qui est gourmande se laisse tenter et accepte une petite boule rouge. Taquinet qui croque déjà la plus grosse de la boîte en donne une à Ran-Pan.
Et aussitôt la catastrophe se produit. En une seconde les enfants et le chien voient leur taille diminuer si vite que les objets environnants prennent des proportions gigantesques.
Une souris grosse comme un cheval sort de son trou...
GuidaRan-Pan, qui n'a pas la conscience tranquille au sujet du rongeur, fuit en aboyant. Taquinet qui ne comprend pas ce qui vient d'arriver, entraîne sa sœur dans une course éperdue.


Entre temps, le Professeur Fémur qui n'a pas trouvé le Professeur Transitoire chez lui regagne sa maison.
Il entre dans le laboratoire, aperçoit à terre la boîte ronde et les pilules éparpillées et devine aussitôt ce qui s'est produit.
— Les malheureux enfants ! Ils ont avalé des pilules ! Il n'en reste plus que sept !
Il esquisse un geste pour s'arracher les cheveux de désespoir, mais sa main ne rencontre que son crâne chauve.

— Finette ! Taquinet !... où êtes-vous? crie-t-il d'une voix qui fait vibrer les tubes et les éprouvettes.
Personne ne répond et pour cause... Les deux enfants qui courent toujours, ont entendu cette voix énorme qui gronde comme le tonnerre.Guida

— L'oncle est de retour !... Cachons-nous vite ! murmure Taquinet.
Ils arrivent dans un coin de la pièce où s'entassent toutes sortes d'objets hétéroclites mis au rebut, dont une vieille boîte rectangulaire noire, un appareil photographique.
— Il n'y a pas de temps à perdre, entrons dans cette boîte ! Ran-Pan, que le courage n'embarrasse pas, s'est déjà réfugié à l'intérieur.

L'oncle Fémur qui marche avec précaution, de peur d'écraser les enfants, a cru entendre un léger bruit dans le fond du laboratoire, quelque chose comme un trottinement de souris.


Le chat Ratif qui le suit a bondi vers l'appareil photographique où se sont enfermés Finette, Taquinet et Ran-Pan.
— Voilà donc où se cachent nos désobéissants, dit l'oncle Fémur en se penchant.
— Sortez, misérables, que je vous tire les oreilles !
Seul Ran-Pan lui répond d'un petit aboiement, mais d'un ton si plaintif que le vieux savant ne peut s'empêcher de sourire dans sa barbe vénérable.
— Allons, la punition est assez forte, rendons-leur leur forme première.
Il va prendre dans un placard un petit tube de pilules vertes et revient vers l'appareil photographique.

GuidaMais il s'arrête perplexe.

— Comment leur faire avaler ces pilules de Tricosavonite qui neutralisent l'effet de la Microtrapufilominate? dit-il en se tirant la moustache. Ils ne doivent pas avoir la bouche plus grande qu'un trou d'aiguille. Le mieux est de me mettre à leur taille.
Par prudence, il fait sortir Ratif, car il ne tient pas à finir ses jours dans l'estomac d'un chat.
Puis, quand il est rassuré de ce côté-là, il avale une pilule rouge.
L'effet est immédiat. Il voit soudain l'appareil photographique prendre les proportions d'un wagon de chemin de fer. Il fait quelques pas et frappe à grands coups la paroi.

— Ouvrez mes enfants !... Ouvrez, c'est moi votre oncle ! Taquinet n'est pas fier...
— Tu crois qu'on peut ouvrir? dit-il à sa sœur.
— Si tu veux que l'oncle nous pardonne, ne le fais pas attendre, répond Finette.
Ran-Pan préfère ne rien dire et va se faire tout petit dans un coin.

La paroi arrière de l'appareil s'ouvre lentement et le Professeur Fémur fait son entrée dans le logement obscur. Les enfants lui sautent au cou et ont tôt fait de se faire pardonner. Ran-Pan même a droit à une caresse du vieillard.
Puis l'oncle prend soudain un petit air mystérieux.
— Savez-vous où nous sommes i-ci? demande-t-il.
— Dans une boîte, répond Taquinet, peut-être dans une boîte à chaussures, nous n'avons pas eu le temps de bien regarder, nous étions si pressés de nous cacher !
— Si je vous disais, reprend l'oncle que nous sommes dans un appareil photographique, vous seriez bien étonnés, n'est-ce pas?

Finette et Taquinet ouvrent de grands yeux. Dans un appareil photographique !... Ils ne s'en seraient jamais doutés, ne croyant pas que d'une boîte qui leur paraît vide, il puisse sortir tant de merveilles. Leur étonnement se transforme en curiosité.
Et le Professeur Fémur voit là une magnifique occasion pour donner une leçon à ses petits amis.
— Profitons donc de cette aventure, dit-il, pour étudier ensemble la photographie.
Nous sommes ici dans ce qu'on appelle la chambre noire. Taquinet, ouvre un peu que nous voyions plus clair. Parfait, merci !»
Le savant tire un morceau de craie de sa poche et se met à dessiner sur la paroi noire de l'appareil.
Voici une boîte hermétiquement close, que nous allons transformer en appareil photographique.

LA CHAMBRE NOIRE

GuidaGuidaSi je perce un petit trou sur la face antérieure de cette boîte, les rayons lumineux vont pénétrer à l'intérieur. Je place devant cette ouverture un petit personnage... Immédiatement son image renversée va être projetée sur le fond de la boîte. Notre appareil photographique est terminé. Bien primitif, je l'avoue et pas très lumineux... Il faudrait poser longtemps pour obtenir une photo acceptable. De plus, l'image ne serait pas très nette.

— Mais si vous perciez un trou plus grand, votre appareil serait plus lumineux, dit Taquinet que le sujet intéresse.
— Si je perçais un trou plus grand, la lumière qui pénétrerait dans cette boîte serait plus forte certes, si forte même que la chambre noire ne serait plus noire du tout ! L'image obtenue, si j'en obtenais encore une, serait terriblement déformée. Non, il y a une autre solution qui consiste à placer devant le petit trou une lentille convergente, une loupe, si tu préfères, comme ta loupe à timbres-poste. Cette lentille placée devant la chambre noire prend le nom d'objectif et donne une image bien nette lorsque elle est placée à une distance qui varie avec l'éloignement de ce que l'on veut photographier. On dit alors que l'image est " au point ".

— Oui, mais comment conserver cette image?... Qu'en penses-tu Taquinet, demande l'oncle.
Taquinet se gratte la tête, mais la réponse ne vient pas.
— Eh bien, pour conserver cette image, poursuit l'oncle, il me suffira de placer sur le fond une plaque couverte d'une matière sensible à la lumière et appelée plaque photographique. J'obtiendrai, après traitement de cette plaque, une reproduction de l'image...
— Une photographie, dit Taquinet.

— Exactement !... répond l'oncle.

D'ailleurs, pour bien comprendre cette explication, rien ne vaut une bonne démonstration. Ne bougez pas !...
Guida
L'oncle sort de l'appareil et, après avoir ouvert l'obturateur (dont nous parlerons plus loin), se place à quelque distance de l'objectif.
Les enfants qui sont demeurés à l'intérieur de la boîte voient non sans surprise se dessiner sur le fond l'image de l'oncle Fémur, qui, la tête en bas, leur fait des grimaces. Ran-Pan, qui, lui, ne comprend rien à toute cette magie, juge prudent de se tenir à l'écart.

Le savant appelle alors les enfants. Ils rejoignent leur oncle, curieux de ce qu'il va encore leur apprendre.
— Je vous expliquais tout à l'heure que la lumière pénètre par l'objectif, commence l'oncle Fémur, et vient frapper le fond de la chambre noire en formant l'image du sujet.
Mais la plaque photographique que j'ai placée au fond de cette chambre noire est très sensible et il faut doser cette lumière. C'est l'obturateur qui se charge de cette opération. On dit alors que l'obturateur fait la pose ou l'instantané.

L'OBTURATEUR ET LE TEMPS DE POSE
Guida
Pose, quand il s'ouvre pendant un temps assez long.
Instantané, lorsqu'il ne laisse passer la lumière qu'une fraction de seconde.
— Comme quand j'ouvre en grand la porte de la basse-cour pour faire sortir toutes les poules ou que j'entrebâille seulement pour faire sortir celle qu'on mangera au déjeuner, dit Taquinet.
Ran-Pan intéressé a dressé l'oreille.
— Parlons maintenant du diaphragme , reprend l'oncle.
— Le diaphragme , interrompt Finette, c'est une peau qu'on a dans la poitrine.
— Grosse bête, ça n'a rien à voir avec la photo, interrompt Taquinet.

LA LUMIÈRE ET LE diaphragme

— Non, le diaphragme est un dispositif qui règle l'entrée des rayons lumineux dans l'appareil. Petit, quand le soleil est éclatant, il doit être ouvert largement quand la lumière devient moins vive, un peu comme le bouton du poste de radio que tu tournes dans un sens ou dans l'autre selon que tu veux entendre l'orchestre de Radio-Bricole dans toute son ampleur ou la causerie du Professeur Diguedon comme un murmure.
Taquinet a fort bien compris les explications du vieil oncle.
— Vous parliez tout à l'heure de la plaque sensible, qu'appelez-vous ainsi? demande-t-il.

LA SURFACE SENSIBLE

— La plaque ou le film sensible sont formés d'un support, verre pour la plaque, celluloïd pour le film, sur lequel on a coulé une couche de matière sensible à la lumière appelée émulsion. L'émulsion se compose d'une couche de gélatine dans laquelle sont noyés de microscopiques grains de bromure d'argent qui seront impressionnés par la lumière.

Dans certains films l'émulsion est double, c'est-à-dire qu'elle comprend une couche supérieure sensible et une couche inférieure de moindre sensibilité que la précédente qui permet une très grande marge de pose et remédie ainsi aux erreurs que l'on pourrait commettre. Enfin, une couche dorsale empêche le film de se bomber après le développement et grâce à sa coloration spéciale joue le rôle " d'anti-halo ".
— D'anti quoi demande Taquinet.-
— D'anti-halo, explique l'oncle, c'est-à-dire que cette couche empêche la formation du halo, qui n'a rien à voir, crois-moi, avec le " allô " du téléphone ! On appelle " halo " des reflets gênants qui se forment sur l'image lorsque la lumière vient frapper trop vivement l'objectif.
GuidaLe Professeur Fémur sort une loupe de sa poche et fait examiner aux enfants l'épaisseur d'un morceau de pellicule sensible.
Ils distinguent nettement la couche sensible, avec les grains de bromure d'argent, le support, et la couche dorsale anti-halo.
— Maintenant que nous avons fait connaissance avec l'appareil photographique, dit l'oncle Fémur, nous allons étudier la manière de nous en servir. Pour cela faisons une promenade dans la campagne, nous aurons la facilité d'y traiter tous les problèmes qui peuvent se poser à un photographe débutant.
— Alors, nous allons reprendre notre taille normale, mon oncle, demande Taquinet.
— Plus tard, plus tard, répond l'oncle.

« Pour bien comprendre mes explications, il faut que vous restiez dans cet appareil et, d'ailleurs, je ne tiens pas à gaspiller inutilement mes pilules de Tricosavonite.
Le Professeur reprend sa taille normale, saisit Finette et Taquinet et les glisse dans la poche de son gilet, puis l'appareil photographique sous le bras, il sort du laboratoire. Ran-Pan, qui est resté dans la boîte songe avec amertume que les photographes débutants ou non sont des gens impossibles.

L'oncle Fémur, après avoir traversé le jardin, arrive dans une prairie où paît une vache grasse, la belle Beurrette. Il s'arrête près d'un banc de bois placé là et y pose l'appareil. Puis, il sort Finette et Taquinet de sa poche où les deux enfants voisinaient avec une montre qui faisait un bruit de marteau-pilon.

II les place sur le banc et s'y assoit lui-même.
— Voilà l'endroit idéal pour leur expliquer la profondeur de champ, dit-il en ouvrant la boîte de Microtrapulo-filominate.
Le temps d'avaler une pilule et il rejoint les enfants.
— Oh ! mon oncle, quel déplacement d'air quand vous changez de taille ! déclare Finette.
Ran-Pan est sorti de sa retraite forcée. Il le regrette aussitôt quand il voit s'avancer vers lui un escargot énorme qui a parié avec un ami de faire le tour du pâturage en une année et n'a donc pas de temps à perdre.

L'oncle et les enfants sont de nouveau dans l'appareil. Sur la paroi du fond apparaît Beurrette qui roule de gros yeux.

GuidaLA PROFONDEUR DE CHAMP

Si l'image de la vache et une zone s'étendant en avant et en arrière de l'animal sont parfaitement nettes, par contre, au delà de cette limite, la netteté est moins parfaite. Comme Finette et Taquinet s'en étonnent, le Professeur leur explique que la mise au point est faite exactement sur le ruminant.
— La zone de netteté qui s'étend en avant et en arrière du sujet, dit l'oncle, est appelée profondeur de champ.
Pour augmenter cette zone de netteté en profondeur, il faut diaphragmer, si, toutefois, l'éclairage est favorable.
Le diaphragme a, en effet, deux fonctions à remplir.
La première fonction (dont nous avons déjà parlé) est de modifier la luminosité de l'objectif.
La deuxième fonction, qui nous intéresse présentement, est de modifier la profondeur de champ.
Avec le diaphragme ouvert en grand, la zone de netteté sera très limitée mais augmentera en profondeur, à mesure que nous fermerons le diaphragme .
L'oncle sort de l'appareil et manœuvre le diaphragme . Finette et Taquinet, qui examinent avec attention le fond de la boîte voient le premier et l.'arrière plan de l'image augmenter de netteté... et cette image devient soudain sonore...
Beurrette sortant de sa nonchalante torpeur vient de pousser un beuglement qui fait vibrer les parois de la chambre noire. Le Professeur Fémur, Finette, Taquinet et Ran-Pan, après avoir avalé chacun une pilule de Tricosavonite ont repris leur taille normale.
Ils poursuivent leur promenade dans la campagne.
— Nous savons tout maintenant de l'appareil photographique, mon oncle, dit Taquinet, vite laissez-moi prendre un cliché.
L'oncle Fémur sourit : — Oh ! Tu as encore beaucoup de choses à apprendre ! Tu crois sans doute, comme beaucoup, que photographier consiste à appuyer sur le déclic de l'appareil. La chose n'est pas si simple, si tu veux obtenir une photo convenable.
Sais-tu d'abord ce que c'est que le temps de pose ?

LE TEMPS DE POSE

Taquinet plutôt que de dire une bêtise préfère ne pas répondre.
Le vieux savant explique alors :
— Pour impressionner notre plaque sensible et obtenir une photo correcte, nous laissons pénétrer dans l'appareil par l'objectif et le diaphragme , la lumière envoyée par le sujet et cela pendant un certain temps.

Le temps nécessaire d'ouverture de l'objectif est appelé " temps de pose ". Pour bien te faire comprendre, je vais faire une comparaison :
« Supposons que lors d'une promenade à bicyclette, un pneu vienne à se dégonfler...
— Je prends la pompe et je regonfle, ce n'est pas compliqué, dit Taquinet.
— Tu as alors trois facteurs qui entrent en jeu.
D'abord le diamètre de la chambre à air... Ensuite la grosseur du raccord de la pompe et, enfin, le débit de la pompe en air comprimé. Le gonflage du pneu te demandera un certain temps que nous appellerons " durée de gonflage ".
Cette durée de gonflage dépend de la grosseur de la pompe.
— Si je prends une pompe d'auto, ça ira plus vite ! réplique Taquinet.
— Oui, mais si au lieu de ton pneu de bicyclette, tu as un pneu de ma vieille 6 CV à gonfler, tu pourras enlever ta veste, car le temps de gonflage sera considérablement augmenté !
Mais revenons à notre temps de pose. Si je remplace la chambre à air par l'émulsion sensible, l'ouverture du raccord de pompe par le diaphragme , l'air comprimé par la lumière, le débit de la pompe par l'intensité de lumière et la grosseur du pneu par la sensibilité de l'émulsion, tu comprendras aisément ce que c'est que le temps de pose !
— Moi, j'ai compris, hasarde Finette qui, jusqu'ici n'a rien dit : le temps de pose, c'est la durée du gonflage ! L'oncle Fémur tapote la joue de la petite fille.
— Très bien Finette, tu as compris ! Et si notre émulsion est peu sensible, elle demandera plus de temps de pose pour donner une image convenable, de même que Taquinet mettra plus de temps à gonfler un pneu d'automobile qu'un pneu de bicyclette !
Autrement dit, moins l'émul-sion est rapide, plus long est le temps de pose !...
Lorsque le sujet sera faiblement éclairé, tu devras prolonger le temps de pose alors que tu pourras te permettre de faire un instantané, si l'éclairage est favorable.
— Avec l'instantané, je peux photographier les sujets en mouvement, n'est-ce pas, mon oncle ? demande Taquinet.
— A condition que le mouvement ne soit pas trop rapide. N'oublie pas que l'obturateur de ton appareil n'opère qu'au 1/25 de seconde. Si tu avais un appareil d'une classe supérieure, dont la vitesse d'obturation atteint le 1/250 et même le 1/500 de seconde, tu pourrais prendre des sujets se déplaçant extrêmement vite. Contente-toi donc de ce que tu as et n'essaie pas d'exécuter des tours de force, ton appareil ne te suivrait pas. Quand tu voudras photographier un sujet en mouvement, prends garde de ne pas bouger toi-même. Retiens ton souffle et appuie doucement sur le déclencheur.
« Tu éviteras ainsi d'avoir des clichés " bougés ", sans netteté. Quand tu vo dras te servir de la pose, place ton appareil sur un support fixe quelconque : table, chaise, ou, mieux encore, visse-le sur un pied photographique.
« Tu auras, d'ailleurs, peu d'occasions de prendre des photos posées. »



Certes, je ne respecte pas les droits d'auteur, mais je ne sais pas s'il y a des ayants-droits des éditions Prisma.

Vous trouverez un second délinquant (je me sentirai moins seul en taule) qui reproduit en images cet ouvrage