Présentation du Flip-Flash dans Phot'Argus de novembre 1975 par Gérard Bouhot
Le Flip-Flash a été conçu par General Electric, et se dénomme exactement GE Flip-Flash. Flip veut dire en anglais «  chiquenaude, basculeur », et en fait, le Flip-Flash placé sur l’appareil permet 4 éclairs, puis il est retourné de haut en bas d’un simple geste (Flip), et permet 4 nouveaux éclairs.
Le Flip-Flash est un Magicube amélioré, à 8 éclairs, fonctionnant de la même façon sans pile.., et ceci sans percussion mécanique, ce qui permet un mécanisme de déclenchement des boîtiers très doux (ii n’y a plus de percuteur à actionner). Le secret de son fonctionnement tient dans l’appareil... Même nombre guide.

Un Flip-Flash est composé de plusieurs éléments  et sa taille hors-tout 139 x 44 x 13 mm, est comparable à celle des appareils Trimlite, pour le 18 : 115 x 54 mm. Poids 35g. Le fait d’avoir disposé les lampes à plat facilite le transport du Flip-Flash.
La forme allongée a été choisie pour pallier le défaut essentiel des 110 lors de l’usage au flash. Avec un Magicube, la lampe qui produit l’éclair étant située très près de l’objectif, lorsque le sujet regarde l’appareil et que la pièce est sombre, donc que ses pupilles sont dilatées, une partie de la lumière qui rentre dans ses yeux est réfléchie par la rétine en rouge vers l’objectif de l’appareil... d’où l’effet « d’yeux rouges » en couleur, et «d’yeux blancs » augmente encore l’entre-axe. (Des Extenders, néanmoins plus courts, sont prévus de la même façon pour les Magicubes.)
L’opérateur peut en complément allumer toutes les lumières disponibles sur le lieu de prise de vue, ce qui réduit le diamètre des pupilles du sujet. Il peut aussi conseiller au sujet de regarder l’une de ces lumières, ce qui réduit encore le diamètre des pupilles, et évite que la lumière réfléchie par la rétine ne se dirige vers l’objectif. (Ces deux précautions sont valables avec tout flash et tout appareil.)

Le Flip-Flash se fixe sur le support de l’appareil par simple encastrement.., il faut pousser relativement fort (environ 3 à 4 kg)... jusqu’à franc enclenchement... mais ceci assure par ailleurs un très bon maintien..., donc OK.
Un détrompage mécanique empêche totalement de placer le Flip-Flash sur l’appareil si les lampes ne sont pas orientées vers le sujet... Ce système bienvenu est néanmoins normal lorsque l’on a affaire â des novices en photographie... Pour retirer le Flip-Flash le basculer latéralement, c’est très facile. Si on le bascule en avant, et même en arrière, il se dégage aussi très bien, on ne peut casser sa patte de fixation dans le boîtier... Bien conçu !
Le capot antérieur bleuté en plastique semi-souple joue le rôle de pare- éclats en cas d’explosion d’une des lampes, elles-mêmes revêtues d’une couche de vernis plastique incolore très résistant. Malgré ces deux sécurités, il est recommandé de ne pas allumer de lampe à moins de 1 m d’un visage. Comme avec tout flash, il faut éviter l’emploi du Flip-Flash en atmosphère explosive.
Lorsqu’un Flip-Flash est placé sur l’appareil, à partir de la position de prise de vue, l’opérateur en voit la face arrière noire..., et c’est là qu’interviennent les GREEN GO DOTS = les points verts « vous pouvez y aller ». Dès qu’une lampe a été usée, ce point vert se volatilise et devient transparent. Ce système est aussi utilisé par General Electric pour les Flash-Bar produits pour Polaroid  et doit vraisemblablement dériver d’une licence Osram. Les points correspondant au groupe des lampes supérieures sont repérés 1 - 2 - 3 - 4. Un simple coup d’oeil («  At a glance ») et l’opérateur connaît le nombre de lampes restant à utiliser..., astucieux !.., mais il n’y a pas hélas de signal de fin d’un groupe de lampes apparaissant dans le viseur (en cela le Magicube est supérieur...). Les chiffres du groupe inférieur de lampes apparaissent à l’envers, rappelant qu’il faut « flipper cc le Flip-Flash avant de les utiliser. Un Flip-Flash peut évidemment être retiré ou replacé en cours d’usage, les Green go dots renseignant aussitôt sur le nombre d’éclairs utilisables dans chacune des 2 séries de 4 lampes (l’utilisation d’un Magicube entamé est plus délicate, car il faut tenir compte de son sens de rotation, automatique lors de l’armement, en cela le Flip-Flash est supérieur...).


Mais comment ces lampes s’allument-elles en série 1 - 2 - 3 - 4? Comment provient le courant à l’embase Flip-Flash?


Dans l’appareil, sous l’embase Flip- Flash, se trouve le mécanisme d’allumage de la lampe. Dans ce mécanisme, un marteau est armé et déclenché à chaque cliché (cf. illustration). A chaque choc, le cristal piézo-électrique délivre environ 3 000 à 10000 V, ce qui peut allumer une lampe... mais le débit est si faible, et dure si peu, qu’en plaçant un doigt même mouillé sur les contacts de l’embase (ce qui de plus n’est pas facile en raison de la forme de celle-ci) on ne ressent rien. Un cristal de 16 mm3 ne peut pas délivrer des ampères... OK.  Néanmoins cette énergie électrique à haut voltage est suffisante, grâce à l’étincelle qu’elle provoque dans l’ampoule entre les extrémités des 2 fils de connexion distants d’environ 1 mm, pour allumer la pastille d’amorçage de la lampe (cf. illustration). La combustion de celle-ci dans l’oxygène se propage au fil métallique qui produit l’éclair lumineux (très certainement du zirconium, en raison de la couleur du capot pare-éclats jouant le rôle de filtre de correction de température de couleur).
Reste l’aiguillage de l’impulsion d’une lampe à l’autre. C’est là que jouent les connecteurs thermiques ou aiguillages thermiques. Au repos, ils sont isolants et placés sous les lampes. Lorsqu’une lampe s’allume, elle produit de la lumière, c’est son rôle photographique, mais une grande partie de son énergie est perdue en chaleur. Dans le Flip-Flash celle-ci est partiellement utilisée. D’une part, elle assure la destruction du Green go dot correspondant, mais de plus elle grille le connecteur thermique qui est placé en-dessous et celui-ci devient conducteur. L’impulsion suivante le traversera et la lampe qui suit sera allumée (la lampe déjà utilisée n’étant plus conductrice, et de ce fait, n’étant plus en circuit, contrairement à ce qui a été écrit dans une revue américaine).
Léger inconvénient de ce système: si une lampe ne s’allume pas, les suivantes ne peuvent être utilisées (le fabricant remplace alors gratuitement le Flip-Flash), mais il semble que ce soit une éventualité ultra-rare. De nombreuses précautions ont été prises, d’autre part, par General Electric pour éviter l’allumage intempestif d’une autre lampe (cf. illustration).
Ce système autorise l’allumage en série rapide de 4 lampes, ce qui pourra être mis à profit pour la motorisation. D’autre part, des flashes accessoires à pile et condensateur (système capable aussi d’allumer un Flip-Flash) seront vraisemblablement rapidement produits (alors que c’était impossible avec les Magicubes et que cela a déjà été réalisé avec les Flash-Bar).
Le Mode d’emploi, au moins en ce qui concerne le modèle 18, préconise en cadrage vertical de placer le Flip- Flash vers la droite. Si le maintien de l’ensemble est légèrement plus facile ainsi, ceci conduit à une incidence de la lumière sur le sujet qui n’est pas naturelle..., l’éclairage doit provenir de préférence de gauche!...
Le système Flip-Flash se révèle astucieux; on peut néanmoins lui reprocher un encombrement très supérieur à celui de 2 cubes (mais il est plus plat), supérieur aussi à celui d’un Flash-Bar (108 x43 x 15 mm) qui est plat et offre 10 éclairs (ce qui correspond plus directement aux chargeurs de 10 et 20 vues), et il est relativement cher...
Kodak, dans le Mode d’emploi du Trimlite 18, écrit flipflash, en nom commun !... on n’en est pas encore là !... Seuls actuellement les 5 appareils Kodak Trimlite  et Tele-lnstamatic utilisent ce système !...
Néanmoins, c’est une conception sûrement à suivre...