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Minolta Nifcarette D
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Propriété de Renaud Laemmli. Photo(s) de Renaud Laemmli et texte de Renaud Laemmli. Dernière modification le 2018-11-28 par Michel Rochevalier.

Fabriqué ou assemblé en Japon de 1929 à (Postérieur à) 1929.
Rareté en France : Rare (dans les vide-greniers non spécialisés)
N° inventaire : 7362

Fiche technique complète

Chronologie des appareils Minolta 

La Nifcarette, c'est un peu l'Arlésienne pour le collectionneur : on en parle beaucoup, mais on ne la voit jamais. Alors, quand on parvient enfin à en dénicher un exemplaire, de plus en très bon état, c'est un grand moment !

Commençons par un point litigieux : Nifcarette ou Nifcalette ? De nombreuses publications occidentales ont entretenu le doute, mais c'est définitivement la première option qui est la bonne. C'est en tout cas ce qui est inscrit sur le cuir de l'abattant, et sur tous les documents japonais d'époque. De toute façon, pour les japonais eux-mêmes, c'est la même chose, les sons "r" et "l" sont confondus. C'est ainsi que transcrit dans notre alphabet on pourrait écrire Minolta ou Minoruta, qui seraient prononcés de façon identique par les natifs du pays au rond rouge (non, ce ne sont pas les allemands et il ne s'agit pas de Leica).

Cet exemplaire est intéressant à plus d'un titre : tout d'abord, il est dans un état exceptionnel. Extérieurement, il possède bien quelques traces et l'abattant était passablement déformé, une partie du châssis étant en aluminium, reconnu pour sa légèreté mais aussi pour sa faible rigidité ! Les cuirettes sont rigoureusement intactes, mais c'est surtout l'intérieur qui est dans un état de fraîcheur remarquable : le soufflet a tous ses plis bien marqués, la peinture est, certes, patinée par les ans, mais peu éraflée ou écaillée; la gravure est absolument nette, la plus terne étant celle donnant les valeurs d'ouverture. Difficile de penser que 88 ans se sont écoulés depuis sa naissance !
Par ailleurs, ce modèle ne correspond à aucun de ceux recensés par Francesch dans Histoire de l'appareil photographique Minolta de 1929 à 1985 (ISBN 2-249-27685-4).

Revenons donc sur le classement qu'il propose : il y aurait les modèles A, B et D.
- Le modèle A se situe en haut de gamme, et on sait par ailleurs que la mise au point se fait par une vis sans fin à main droite : celui montré en illustration du livre est donc en fait un modèle B. Plusieurs combinaisons objectif / obturateur sont proposées (Heliostar 75-6,3 / Koilos, Wekar 75-6,3 Ibsor, Wekar 75-4,5 / Ibsor, Wekar 75-4,5 / compur, Xenar 75-4,5 / new Compur). C'est de loin la version la plus rare, puisque bien que documentée, elle semble ne pas exister dans la "vraie vie" !
- Le modèle B est assez similaire, mais la mise au point est réalisée au moyen d'un levier en arc de cercle, toujours à main droite. Là encore un choix assez large est donné pour l'équipement optique (Wekar 75-6,3 / Pronto, Wekar 75-6,3 / Ibsor, Wekar 75-4,5 / Ibsor, Wekar 75-4,5 / Compur). Ce modèle a un viseur brillant et un viseur à cadre pliant.
- Le modèle D serait la version la plus simple, vendue bien sûr moins cher, avec un choix optique moins performant (Aplanat 75-8 / vario, Aplanat 75-8 / Pronto). Ici la mise au point se fait à la main, une plaquette graduée donnant des repères. Il n'y a plus de viseur à cadre.
Francesch dénombre ainsi 11 modèles différents, mais pas celui qui nous occupe !

Si les modèles A et B sont bien avérés par des catalogues et publicités d'époque, il semblerait, selon camera-wiki, que ce ne soit pas le cas pour le modèle D. Se pose ensuite la question de savoir si il a existé un modèle C...
Notre Nifcarette pourrait correspondre à un modèle D, puisque la mise au point se fait à la main avec des repères gravés sur une plaquette à main gauche, et c'est ce que pense Andrea Apra', le grand spécialiste occidental de Minolta. Mais l'exemplaire de ce type montré par Francesch est assez différent : il est entièrement noir, mais surtout il ne possède pas les prises de doigts typiques, à turlupet, en avant du chariot et nous avons une ouverture à 6,3. A moins que ce ne soit un modèle C, dont il reste de toute façon à prouver la réalité...

On lit souvent que la Nifcarette était fortement inspirée par la Rollette de G.A. Krauss. Le modèle A emprunte cependant sa vis sans fin de mise au point au Roll-Tenax de Goerz. Ce qui est curieux, c'est que Neumann, selon diverses sources, y compris japonaises, aurait travaillé chez Eugen Krauss à Paris, lequel était opticien mais qui n'aurait pas produit directement la Rollette, due à son frère Gustav Adolf à Stuttgart !
Cette assertion n'est pas contredite par la propre fille de Billy Neumann, rencontrée en 2015 à Los Angeles par Andrea Apra', avec qui il a discuté, bien sûr, de cette époque et des prémices de Minolta. On peut donc imaginer que l'ingénieur allemand a eu entre les mains chez Krauss Paris des Rollettes construites par Gustav-Adolf à Suttgart, peut-être pour y monter les objectifs produits par Eugen. En tant qu'ingénieur en chef, il a pu à ce moment étudier de près cet appareil, en tout cas suffisamment pour s'en inspirer par la suite. L'époque permettait encore de s'affranchir sans complexe des droits de la propriété intellectuelle et autres brevets qui souvent ne couvraient que quelques pays. A moins qu'il n'y ait eu des accords officiels entre les Krauss et la firme nippone, ce qui sera difficile à démontrer...

La Nifcarette est donc un appareil vraiment compact, comparable aussi au Vest-Pocket de Kodak, mais à l'époque de sa sortie les chambres de 6,5 x 9 ou plus grandes étaient encore répandues, et le Japon n'était pas encore le géant de la photo à la pointe du progrès que nous connaîtrons plus tard. Les modes et tendances y parvenaient avec plusieurs années de décalage.

Le corps est en tôle d'acier rivetée, renforcé par un jonc d'aluminium. La construction est assez légère et demande un certain doigté à l'usage, sous peine d'une détérioration accélérée... Sur le côté, un verrou marqué A / Z (pour Auf / Zu, influences allemandes obligent), permet l'ouverture du dos : celui-ci coulisse le long d'une chicane assurant l'étanchéité à la lumière. La bobine de la pellicule s'insère en tirant une patte métallique faisant ressort et supportant l'axe. Un frein appuie sur la bobine débitrice, la réceptrice maintenant la tension par la clé d'enroulement anti-retour . Au centre du dos, le regard inactinique permet de contrôler l'avance des vues, mais il ne possède aucun clapet d'occultation : les pellicules n'étaient pas encore panchromatiques.
L'abattant se commande par le bouton au dessous de la clé d'enroulement, un ressort faisant s'entr'ouvrir la trappe. Une fois les ciseaux enclenchés, on tire le groupe optique par les superbes plots annelés, jusqu'au blocage du repère dans l'entaille de la plaquette des distances : la mise au point est calée à l'infini.

La Nifcarette est donc un appareil plus que rarissime, même au Japon, et encore très mal connu. Mais c'est aussi un des attraits de la collection que de rechercher des documents anciens pour étayer une hypothèse et éclairer un pan de la production photographique d'une époque.

Minolta Nifcarette
Le numéro de série est le 5474, frappé au dessous de l'objectif, après Nifca.


Minolta Nifcarette

Minolta Nifcarette

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1928 : M. Kazuo Tashima aurait pu être industriel du tissu, comme son père, ou fabricant d'armes (c'était très à la mode, à cette époque...). Mais lors d'un voyage en Europe, et notamment en France, une visite des usines S.O.M va changer cette destinée : M. Tashima va fonder, le 11 novembre 1928, la Nishi Doku Shashinki Shoten, ou de façon beaucoup plus claire le Magasin Nippo-Germanique d'Appareils Photographiques, Nishi Doku PHoto COmpany sur le logo de cette époque. Cette enseigne deviendra, bien plus tard, Minolta !

Au fait, pourquoi "Nippo-Germanique" ?
N'ayant pas de connaissance particulière dans le domaine de l'optique ou de la photo, Kasuo Tashima s'est associé avec un ingénieur et un opticien allemands, Billy Neumann et Willy Heilemann. La première usine est implantée à Mukogawa (entre Osaka et Kobe), et le premier appareil fabriqué sera la Nifcarette A (4 x 6,5 cm), fortement inspirée, il faut le dire, par la Rollette Krauss. Bien sûr, à cette époque, Minolta ne fabrique pas encore d'objectifs, ni d'obturateurs, qui seront donc importés d'Allemagne.

En mars 1929, les premiers appareils sortent : d'emblée sera proposé un choix de plusieurs objectifs et obturateurs.

Entre 1929 et 1931 plusieurs chambres à plaques ou pack-film viendront enrichir le catalogue, toutes très bien construites. Mais les débuts sont difficiles et la période troublée au niveau mondial, ce qui ne décourage pas Mr Tashima, sûr de ses produits.

1931 : un changement de constitution juridique de l'entreprise implique un changement de nom, qui devient Molta Goshi Kaisha. Molta est une sorte d'acronyme : Mecanismus Optik und Linsen von Tashima. Le reste est un terme juridique japonais désignant une société en commandite.

Entre 1931 et 1932, les deux associés allemands quittent la société, et fonderont la leur propre : Neumann & Heilemann Co. , qui aura une courte vie (dissolution en 1937).

1932 : Cette année-là sort le premier appareil utilisant le nom de Minolta : le Semi-Minolta. On connaît deux explications à ce mot "Minolta" :
– ce serait un acronyme de Mechanismus Instrumenten Optik und Linsen von Tashima.
– Ça pourrait aussi venir du japonais "Minoru Ta", le champ de riz qui mûrit. Sans doute les deux sens ont leur importance, un acronyme étant souvent choisi parce qu'il a aussi une signification propre.

Peu de temps après le lancement du Semi-Minolta I, le logo MTS fait son apparition, embouti sur l'articulation intermédiaire des ciseaux. Une version rectangulaire se rencontre sur la cuirette.Là encore, une explication est nécessaire : le "M" pour Minolta ou Molta, le "T" et le "S" sans doute pour TaShima, à moins que Kazuo n'ait été épris d'une sémillante Sachi ou Sarina ? Nous ne savons malheureusement pas comment se prénommait Mme Tashima ! Le "M" est assez discret, se confondant presque avec un cercle entourant le monogramme entrelacé, mais une pointe rentrante au milieu de la partie supérieure évoque bien la jambe intermédiaire de la lettre.

1934 : Un appareil atypique, le Minolta Best (ou Vest) va changer la destinée de l'entreprise. Sa construction, presque exclusivement en bakélite, y compris le soufflet, en fait un appareil à meilleur prix que ceux de la concurrence. Son succès mondial va permettre la construction d'une nouvelle usine à Sakaï, destinée à la production d'objectifs.

1935 : L'Auto-Minolta sera le premier appareil japonais équipé d'un télémètre couplé, un avantage pour les photographes de presse à qui s'adresse ce klapp.


1936 : Création de la Nippon Kogaku Kikai Kenkyujo à Amagasaki, qui sera vite englobée dans la Molta Company. Il s'agissait d'un institut de recherche opto-mécanique.


1937: Nouveau changement de nom, Molta devient Chiyoda Kogaku Seiko Kabushiki Kaisha, Chiyoko de son petit nom ou encore C.K.S, Société Anonyme Industrielle de Précision et d'Optique de Chiyoda. Ce dernier terme ici ne désigne pas un quartier de Tokyo, mais regroupe deux idéogrammes signifiant "1000 générations" et un autre correspondant au début de "Tashima", véhiculant l'idée que cette entreprise serait quasi éternelle. Nous savons malheureusement aujourd'hui qu'il n'en sera rien... C'est aussi en 1937 que des accords d'exclusivité sont passés avec Asanuma Shokai, un grand distributeur de matériel photographique.


1939 : Une nouvelle usine est implantée à Komatsu, produisant les machines-outil nécessaires à l'entreprise, qui passe sous contrôle militaire pour cause de guerre ! La production en ces périodes troublées concerne l'optique militaire : jumelles, périscopes, systèmes de visée, photographie aérienne...


1941 : Au milieu de différents modèles ou prototypes de TLR militaires, dont certains à objectif interchangeable, sort quand même un appareil à usage civil : le Minoltaflex Automat. Une cinquième usine, réclamée par les autorités militaires, va être implantée à Itami, mais elle ne sera opérationnelle que deux ans plus tard.

1943 : Ironie du sort, Chiyoko rachète, à Nishinomiya, l'ancienne usine de Neumann & Heilemann, ses premiers associés passés à la concurrence !

1946 : L'entreprise est libérée de la tutelle militaire, mais il ne reste plus que trois usines : Sakai, Itami et Nishinomiya. C'est dans ces conditions que sort sur le marché le Semi-Minolta III, une évolution du Semi II de 1937. A la fin de l'année, une quatrième usine à Toyokawa vient renforcer l'outil de production.

1947 marque une nouvelle impulsion : le format 35 mm est à la mode ! Plus exactement, l'utilisation de film 120 étant interdite pour des raisons d'économie, le "petit format" s'impose alors. Ainsi naît le Minolta 35, particulièrement économique puisque faisant 40 photos sur une pellicule de 36 poses !

En 1950 arrive un appareil encore plus économique, utilisant du film 16 mm : le Konan 16, ancêtre de la lignée des Minolta 16. Mais c'est aussi le retour de la bobine 120 avec le Minoltaflex II, puis IIb et III, destinés aux nombreux journalistes venus du monde entier pour couvrir la guerre de Corée.

1958 : Le tout premier reflex de la firme, le SR-2, n'est que le premier de toute une lignée de SR puis SRT, qui survivra jusque vers les années '80 ! Une fantastique réussite.

1959 : Un petit bijou voit le jour : le Miniflex, un TLR miniature sur film 127. C'est aussi la création de la première filiale, nommée Minolta Corporation, aux états unis d'Amérique s'il vous plaît !

1960 : un record du monde est établi. 1/3000 ème de seconde avec un obturateur central. On pensait que le V2 était indépassable, on s'était trompé : le Minolta V3 est là pour le prouver...

1962 : depuis longtemps, l'entreprise n'avait pas changé de nom... Cette fois-ci "Minolta", qui n'était qu'une marque commerciale, devient la raison sociale, à partir de juillet. Longue vie à la Minolta Camera K. K. ou Minolta Camera Co. Ltd. Le logo représentant un prisme et une lentille vus en coupe ne porte plus inscrit "Chiyoko" au centre, qui est remplacé par le nouveau nom de la société. De ce fait, certains appareils plus anciens dont la production s'est poursuivie après cette date peuvent se rencontrer avec l'ancien logo, ou le nouveau. C'est le cas notamment pour les Minoltacord. De même, la gravure Chiyoda Kogaku ou C.K.S est remplacée par "Minolta Camera Co Ltd" sur les SR-1 et SR-7. Ce dernier appareil fut d'ailleurs le premier SLR 24 x 36 à être équipé d'une cellule incorporée.

1964 : Minolta avait déjà produit des posemètres, mais uniquement destinés à un appareil précis, ou bien interne dans le cas du SR-7. Cette année-là, la première cellule à main Minolta sort sur le marché : le View Meter 9, qui visait une clientèle professionnelle.

1966 : Personne ne le sait encore, mais le SRT 101 restera un appareil mythique, peut-être la plus grosse production de l'entreprise. Cette série et ses nombreux dérivés se maintiendra jusqu'au début des années '80, totalisant presque 5 700 000 exemplaires.

1970 : Proche du SRT 101 dans sa conception, le SR-M vise une clientèle professionnelle en proposant un boîtier renforcé avec entraînement par moteur. Si le succès escompté n'a pas eu lieu, le SR-M reste aujourd'hui une pièce de choix pour le collectionneur.

1972 : C'est le début de la collaboration entre Minolta et Leitz, qui aboutira à la mise sur le marché en 1973 du Leitz-Minolta CL, les deux dernières lettres pour Compact Leica !. On l'a vu, Minolta cherche à conquérir une clientèle de photographes professionnels : le SR-M aura été un échec, les X1 / XK / XM qui sortiront cette année-là auront un peu plus de chance, sans pour autant faire de l'ombre aux ténors du secteur.

1974 : La collaboration avec Leitz se poursuit qui engendrera deux nouveaux bébés : le XE / XE-1 / XE-7 chez Minolta, et plus tard chez Leitz le Leica R3 (1977), des appareils qui ne sont pas identiques, mais ils ont en commun de nombreux éléments. 1975 : Enfin une filiale française ! Minolta France S.A s'installe à Rueil-Malmaison et devient l'importateur exclusif, à la suite de Photo-3M.

1976 : Dérivé du X-1, le X-1 Motor (XM ou XK Motor selon les zones) sera proposé aux professionnels. Bien que d'une diffusion plus large que celle du SR-M, le précédent reflex motorisé, le X-1 Motor n'aura pas le succès commercial escompté. Ce sera la dernière tentative de rallier une partie de la clientèle professionnelle. Désormais la firme se concentrera sur le marché amateur, voire amateur exigeant, et il y aura encore quelques belles surprises...

1977 : On parlait de surprises... sur la lancée de la coopération avec Leitz sort le XD-7, reprenant l'obturateur du XE, mais qui sera le premier SLR 35 mm multi-modes : priorité à l'ouverture, priorité à la vitesse ou manuel. Cette performance est rendue possible par l'ajout d'un ergot supplémentaire sur les objectifs (monture MD), mais les anciens (monture SR et MC) sont toujours utilisables sauf en priorité vitesse. Ce même XD-7 servira de base à Leitz pour le Leica R4 qui sortira en 1980.

1979 : Minolta a 50 ans ! Une série spéciale de XD / XD-7 / XD-11, gravés ou sérigraphiés "50 anniversary" est proposée (moins de 2000 exemplaires pour le monde entier). Ceux qui ont bonne mémoire se souviendront que la firme avait été crée en 1928, mais la célébration commémorait le premier appareil fabriqué, en 1929.

1981 : Un nouveau logo fait son apparition, destiné à une identification claire de la marque et des produits Minolta. L'affaire est sérieuse, un comité de sélection a été mis en place qui étudie depuis plusieurs années les propositions. Une histoire de pipe aura été décisive ! Quand Saul Bass, le concepteur du logo qui sera finalement retenu, est confronté au fameux comité, il est accueilli très froidement. Il commence par faire remarquer que le nom "Minolta" est parfaitement symétrique, articulé autour d'un "O", et il précise que ce "O" est la place idéale pour un symbole. A ce moment, il s'empare de la pipe de son associé, Herb Yager, une Dunhill. Cette pipe comporte juste un point blanc sur le tuyau, suffisant pour que les connaisseurs identifient la marque. Avec la pipe à la main, il s'adresse alors à Kazuo Tashima, le fondateur de la marque, alors à la retraite mais encore influent : "voici ce dont vous avez besoin : un point magique ! Ce fut suffisant pour susciter la curiosité et l'intérêt , et Saul Bass finalisera le projet : le "point magique" sera un globe bleu séparé par 4 lignes claires entre les tropiques. Parmi les premiers appareils à arborer ce nouveau logo, citons le Minolta CLE, premier télémétrique à objectif interchangeable à bénéficier de la mesure TTL directement sur le rideau ou le plan du film en cours d'exposition (OTF), ou encore le X-700, premier appareil de la marque entièrement automatique au sens moderne du terme.

1982 : Il vaudrait mieux passer sous silence la sortie cette année-là de la série des Disc 5 et Disc 7... le support Disc connaîtra un cuisant échec.

1985 : Quelques années de calme auront été nécessaires à l'élaboration du Minolta 7000, premier boîtier autofocus de la marque. Il y a bien eu un hybride en 1983, le X-600, un appareil à mise au point assistée, mais ce dernier est passé relativement inaperçu : sa diffusion uniquement au japon y a sans doute contribué. Le 7000 introduit une rupture radicale : la baïonnette de montage des objectifs est totalement remaniée, rendant incompatibles tous les précédents de type SR, MC ou MD. A partir de cette date il y a les Minolta à mise au point manuelle, et les autofocus, qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore. Dans tous les cas, ce fut un succès et le Minolta 7000 restera un appareil mythique. Très vite il sera rejoint par le Minolta 9000, aux performances améliorées.

1988 : Une évolution des précédents sera le Dynax 7000i, cette dernière lettre pour "intelligence"... L'électronique s'insinue partout et gère tous les paramètres : autofocus, mesure de la lumière, flash, et différents modes "résultats" sont accessibles en insérant des micro-cartes dans l'appareil.

1990 : Au beau milieu de reflex et d'une multitude de compacts, tous autofocus, se loge un intrus : le X-300s ! Un appareil à MISE AU POINT MANUELLE... le retour à la barbarie... au moyen-âge ! Ce sera un succès jusqu'en 2003 !

1992 : Coup dur pour la firme, Honeywell obtient de la justice 125 000 000 de dollars, en dédommagement de l'utilisation par Minolta de certains brevets, concernant l'autofocus et lui appartenant. Ajouté à cela, le marché de la photo connaît un certain marasme, et le Japon traverse une récession prolongée : la période est plutôt morose.

1994 : Le nom de la société est... raccourci ! Nous connaissions la Minolta Camera Co Ltd., il y a maintenant la Minolta Co Ltd. Ça sent le roussi...

1995 : Minolta fait son entrée dans le monde numérique, avec le RD-175, une usine à gaz pesant plus d'un kilo sans objectif et produisant des images de 1,8 mégapixels. Ce monstre utilisait les objectifs en monture Minolta-A. Signalons aussi le Dynax 600si Classic, un reflex AF d'allure traditionnelle mais avec tout le confort moderne.

1996 : Le format APS fait son entrée, censé enterrer le bon vieux 135... Minolta va proposer le Vectis S-1, le seul appareil à exploiter la totalité des fonctions de ce nouveau format. Il utilise une nouvelle baïonnette (monture V) pour laquelle seront crées 8 objectifs. Mais ce format va décevoir et finira par disparaître en 2011. Parmi les petites surprises que peut encore nous faire Minolta, se trouve le TC-1, un ultra compact au format 24 x 36 mm dont l'objectif, à focale fixe, est reconnu comme excellent.

1998 : A la Photokina est dévoilé le Dynax 9, un concentré de technologie et de savoirfaire de l'entreprise. Mais malheureusement, c'est aussi le chant du cygne de la photo argentique. L'autre présentation à la Photokina annonce justement l'arrivée en force du numérique : le RD-3000, produisant 2,7 mégapixels et utilisant tous les objectifs Vectis, plus un 17 mm spécialement prévu pour lui.

2003 : Pour des raisons stratégiques et financières, Minolta et Konica fusionnent, regroupant leurs deux noms et modifiant légèrement le logo de Minolta. Konica-Minolta sortira encore le 7D, appareil numérique comme il se doit. Mais les jours sont comptés, et l'entreprise revendra finalement la division photo à Sony en 2006. Fin de l'histoire pour nous puisque Minolta disparaît de l'univers photo, hormis les copieurs.





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