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Polaroid Swinger model 20 favori envoyer imprimer
Photo(s) de Sylvain Halgand et texte de Sylvain Halgand. Propriété de Sylvain Halgand
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Chronologie de la marque Polaroid Nouvelle fenêtre

Pays de fabrication : Etats-Unis
Fabriqué de 1965 à (Postérieur à) 1968.
Indice de rareté en France : Très courant (dans les vide-greniers non spécialisés)
Dernières ventes sur Ebay France Nouvelle fenêtre
N° inventaire : 421

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Polaroid Swinger model 20



Le Swinger de 1965 est un des Polaroid les plus répandus. Il est donc très facile à trouver en brocante. Jim McKeown estime d'ailleurs qu'il vaut 5 dollars le camion et encore, livré à domicile. Le Swinger utilise le film 20 (d'où le "model 20" ajouté au nom) qui ne permettait d'obtenir que des photos noir & blanc.
Dans le viseur, le mot "Yes" apparaît lorsqu'il y a suffisamment de lumière pour prendre la photo. Il n'y a qu'une seule vitesse : 1/200 sec.

Il a disparu vers 1970, mais il apparaît encore sur le catalogue Natkin 1970, où il vaut 111 francs ou 149 francs en coffret.



Le nouvel appareil Polaroid Land modèle 20 "SWINGER"
(article paru dans Photo-Revue de juin 1966)

Un appareil Polaroïd Land, d’un prix au détail inférieur à 100 F, est introduit sur le marché par Polaroïd France.
L’appareil Land modèle 20, désigné sous l’appellation de "Swinger", est muni pour le réglage de l’exposition d’un système unique en son genre ; ce système "parle" littéralement à l’utilisateur et lui dit si le réglage est correct pour obtenir, en dix secondes, une excellente photographie en noir et blanc.
Le "Swinger" est le plus léger et le plus simple à utiliser de tous les appareils Polaroïd jamais fabriqués; il inaugure l’arrivée de Polaroïd sur le marché populaire avec un appareil placé dans une gamme de prix qui comprend presque 70 % de ceux qu’achètent les familles françaises. L’appareil qui ne mesure que 15 cm et pèse moins de 600 g est si léger qu’il peut être porté au poignet au moyen d’une dragonne. Pour prendre une photographie, il suffit à l’utilisateur de porter l’appareil à son oeil, de regarder dans le viseur, de serrer et tourner un bouton jusqu’à ce que le mot NON soit remplacé dans le viseur par le mot OUI.
L’opérateur sait alors que l’appareil est réglé de manière à permettre une photo parfaite. Il suffit d’appuyer sur le bouton pour prendre le cliché, qui est entièrement développé et peut être vu au bout de dix secondes seulement.
Le "Swinger" stoppe les mouvements, en intérieur ou en extérieur, grâce au film ultra-sensible Polaroïd Land 3000, avec une vitesse d’obturation fixe de 1/200 seconde, suffisamment rapide pour fixer l’image d’un plongeur entre le tremplin et la piscine.
Les rollfilms en noir et blanc Polaroïd type 20 du Swinger sont simplement placées dans le dos de l’appareil, sans aucune introduction d’amorce ni opération d’enroulement. Chaque rouleau fournit 8 épreuves 6 x 8 cm, qui se développent à l’extérieur de l’appareil comme dans les appareils Polaroïd Land les plus coûteux. Le prix de vente au détail du film est de 12,40 F la bobine.
Le Swinger ne nécessite aucune mise au point, car la haute sensibilité du film (36 DIN) et un diaphragme fermant jusqu’à f/96 assurent une profondeur de champ qui s’étend de moins d’un mètre à plus de deux kilomètres.
Un flash incorporé utilise les lampes AG 1, et la plaque frontale de l’appareil sert d’écran de sécurité. Ainsi l’appareil n’est-il pas encombré par un réflecteur de flash accessoire.

1. L’APPAREIL "PARLE" AU PHOTOGRAPHE

La caractéristique la plus étonnante du « Swinger » est son aptitude à "dire" réellement à son utilisateur s’il y a assez de lumière pour une prise de vue sans lumière d’appoint. Le dispositif "parlant" de commande de l’exposition est basé sur un système, nouveau et unique en son genre, de photomètre intégré incorporé au viseur de l’appareil, et qui remplace l'oeil électrique commandé par galvanomètre que l’on trouve dans la plupart des appareils automatiques conventionnels.
L’oeil de l’opérateur n’a pas à quitter le viseur. Un coup d’oeil vers le bas lui permet de lire OUI ou NON, un coup d’oeil vers le haut, et il vérifie le cadrage du sujet. Lorsque l’opérateur porte l’appareil à son oeil pour prendre une photo, il presse en même temps les côtés d’un bouton situé sur le carter de l’obturateur. Cette pression allume dans le viseur une petite lampe qui éclaire une mire spéciale portant les mots OUI et NON. Ces mots sont imprimés sur la mire transparente de manière telle qu’un seul des deux est visible à la fois.
En tournant le bouton, l’opérateur règle la quantité de lumière qui traverse le photomètre, en provenance du sujet à photographier. Dès que l’intensité de la lumière transmise est égale à celle de la lumière fournie par l’ampoule et réfléchie par la mire, le mot NON disparaît et le mot OUI devient clairement lisible.
L’ouverture relative de l’objectif varie entre f/17 et f/96 ; elle est réglée par la rotation du bouton, directement relié à l’ouverture du photomètre. Ces deux ouvertures étant ménagées dans des lames se fermant comme celles d’une paire de ciseaux, système dit « à guillotine », la modification de l’une entraîne celle de l’autre dans la même proportion.


Par conséquent, lorsque le mot OUI est bien lisible, l’ouverture de l’objectif — associée à la vitesse d’obturation fixe de 1/200 seconde — est réglée d’une façon précise pour une bonne épreuve à la lumière du jour, et il suffit à l’opérateur d’amener son doigt sur le haut du bouton et d’enfoncer celui-ci pour déclencher l’obturateur.
Une description plus détaillée du principe de fonctionnement du photomètre intégrateur et de la mire OUI/NON est donnée plus loin.

2. ÉCHELLE MÉTRIQUE POUR LE FLASH

Si la rotation du bouton est impuissante à faire apparaître clairement le mot OUI, l’opérateur est prévenu que la lumière ambiante est insuffisante pour photographier sans flash.
Une lampe AG I doit alors être introduite dans le carter de l’obturateur du Swinger. La plaque frontale de l’appareil sert d’écran de sécurité en cas d’explosion de la lampe. Un éjecteur de lampe est également prévu sur le carter de l’obturateur.
Pour l’utilisation du flash, l’opérateur estime la distance entre l’appareil et le sujet. Une échelle métrique disposée sur le carter de l’obturateur entre alors en action par la même rotation du bouton que celle qui permet de lire OUI ou NON (et également de déclencher l’obturateur).

3. LA PHOTOGRAPHIE EST DÉVELOPPÉE HORS DE L’APPAREIL

Après le déclenchement, l’opérateur tire la languette sortant de la paroi arrière de l’appareil. Les films positif et négatif contenus dans le Swinger sont alors entraînés entre deux rouleaux d’acier inoxydable, qui écrasent et déchirent un sachet d’agent révélateur fixé en sandwich entre les deux films.
Le couple positif-négatif reste ainsi à l’extérieur de l’appareil, mais non séparé de lui pendant 10 à 15 secondes. Il est ensuite détaché, puis l’épreuve, positive et sèche, est séparée du négatif qui est jeté.
Comme toutes les épreuves Polaroïd Land en noir et blanc, l’épreuve doit être vernie dans les quelques heures qui suivent pour éviter l’affaiblissement et les rayures de l’image. Un vernis spécial est contenu dans l’emballage de chaque rouleau de film.

4. COMMENT "PARLE" LE SWINGER

Le système inédit de réglage de l’exposition est le suivant
a) Le photométre intégrateur à extinction.
Le système de réglage de l’exposition du Swinger utilise un type ingénieux de photomètre incorporé, instrument de mesure de la lumière utilisé par les photographes professionnels pour comparer les intensités de deux sources de lumière.
Dans un photomètre conventionnel à tache lumineuse, l’oeil humain compare la lumière provenant d’une petite ampoule électrique avec la lumière réfléchie par une certaine partie du sujet. L’intensité de l’ampoule peut être modifiée, et lorsqu’elle est réglée de manière à être égale à l’intensité lumineuse du sujet, une lecture sur une échelle indique l’exposition correcte à utiliser.
Dans le photomètre incorporé inventé pour le Swinger, la lumière fournie par une minuscule ampoule à l’intérieur de l’appareil reste constante. Elle éclaire une mire spéciale OUI/NON, puis est réfléchie vers l’oeil de l’opérateur. Une seconde source de lumière est constituée par le sujet. Cette lumière passe à travers certaines parties de la mire, et la quantité de cette lumière admise à traverser le photo- mètre est réglée par l’opérateur.
Lorsque celui-ci porte le viseur à son oeil, il lit d’abord le mot NON. En tournant un bouton placé à la partie supérieure de l’appareil, il permet à une plus ou moins grande partie de la lumière venant du sujet de traverser la mire ; aussitôt que son intensité est exactement égale à celle de l’éclairage fourni par l’ampoule, le NON disparaît et le mot OUI apparaît. Une exposition correcte est du même coup assurée.
b) Le bouton de réglage de l’exposition.
En serrant entre deux doigts le bouton de réglage de l’exposition, on entraîne la fermeture d’un jeu de contacts, et le courant d’une pile allume à l’intérieur de l’appareil une lampe minuscule, qui éclaire la mire contenue dans le viseur. L’intensité de cette lampe est invariable.
Un mouvement de rotation du bouton règle le diaphragme de la mire, contrôlant ainsi la quantité de lumière venant du sujet qui est admise à traverser le photomêtre.
Le diaphragme de la mire est solidaire de celui de l’objectif de l’appareil, de sorte que lorsque l’un d’eux s’ouvre ou se ferme, l’autre s’ouvre ou se ferme proportionnellement. L’appareil est étalonné de telle sorte que l’ouverture correcte de l’objectif soit obtenue au moment précis où la lumière du sujet est exactement égale à la lumière provenant de la lampe.
c) La mire.
La partie essentielle du système est la mire OUI/ NON.
Elle est constituée par un film transparent. Le OUI noir est imprimé d’un côté de ce film. Le NON et son fond à carreaux opaques et transparents alternés sont imprimés sur l’autre côté, avec une encre blanche opaque. Les parties opaques réfléchissent la lumière d’intensité constante émise par la lampe du photomètre. La lumière du sujet traverse les parties transparentes. Dès que l’intensité de la lumière extérieure est réglée de manière à équilibrer celle de la lumière intérieure, les parties transparentes ont la même luminosité que les parties opaques et le NON disparaît.



Le OUI, qui était jusqu’ici "camouflé" par le quadrillage et la forme de ses lettres, se révèle maintenant et autorise la prise du cliché. L’observateur examine la mire à travers un filtre rouge qui réduit les problèmes de différence de composition spectrale entre la lumière de la lampe au tungstène de l’appareil et la lumière naturelle provenant du sujet.


Le Swinger est construit en matière plastique de haute résistance ; c’est un appareil à mise au point fixe, non pliant, muni d’un objectif de 100 mm de focale. L’énergie électrique est fournie par deux piles petite torche de 1,5 V qui durent au minimum un an. La minuscule lampe éclairant la mire a une durée de vie suffisante pour plus de 10 000 prises de vue. L’objectif du « Swinger » est un ménisque simple, moulé, ouvert à f/17.

5. COMMENT S’OBTIENNENT LES PHOTOGRAPHIES FOURNIES PAR LE « SWINGER ».

La photographie conventionnelle nécessite, après la prise de vue, trois opérations pour produire une épreuve terminée : développement des sels d’argent formant l’image latente négative (film), utilisation du négatif pour exposer un positif, et développement de l’image argentique du positif.
Dans le « Swinger » (comme dans tous les autres appareils Polaroïd Land), ces trois opérations sont réunies en une seule, qui nécessite seulement dix secondes environ pour une photo en noir et blanc, et n’exige ni connaissances techniques, ni habileté de la part de l’opérateur.
Le film Polaroïd Land, unique en son genre, se compose de deux rouleaux comportant une seule amorce commune. Chaque rouleau est scellé, de manière à pouvoir être manipulé par l’amorce sans précaution spéciale et sans risque de le voir se dérouler au moment du chargement de l’appareil. L’un des rouleaux contient le matériel négatif photo sensible (le film), tandis que l’autre contient un papier spécial, blanc, positif, non photosensible, sur lequel s’impriment les épreuves terminées. Disposés en travers du rouleau de papier positif, de petits sachets hermétiques en papier métallisé mince (un par épreuve) contiennent une petite quantité d’agent révélateur (réactif) ayant la consistance d’une gelée.
Après que l’opérateur a procédé à la prise de vue (exposé le négatif), il lui suffit de tirer l’amorce de papier (appelée aussi languette) pour faire avancer le film. Le film négatif exposé et une longueur identique de papier positif se joignent alors avec précision et sont tirés de force entre les deux rouleaux d’acier fixés à l’intérieur de l’appareil. La pression des rouleaux écrase alors l’un des petits sachets et étale une couche mince (environ 1/13 mm) d’agent révélateur entre le négatif et le papier positif.

Polaroid

Ce produit réactif commence instantanément à réagir avec l’émulsion du film et les produits chimiques incorporés au papier positif, tout cela au sein du « sandwich » provisoirement étanche à la lumière, sortant de l’appareil, mais non encore séparé de celuici. En une seule opération, le négatif est développé et l’épreuve positive est formée.
Dix à quinze secondes plus tard, le « sandwich» est coupé et séparé de l’appareil, puis l’épreuve est séparée du négatif, déjà sèche et prête à l’examen. Les épreuves en noir et blanc sont enfin vernies pour une conservation durable.


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